Au collège Valmy à Paris

Recrutons des enseignants remplaçants pour nos enfants

Depuis la rentrée, près de 10 000 heures de cours non assurés ont déjà été déclarées sur notre site Ouyapacours… La pandémie vient aggraver une situation déjà tendue. Mercredi 27 janvier, la FCPE a relancé sa campagne nationale Ouyapacours avec le conseil local FCPE du collège Valmy à Paris.

Plus de 850 heures de cours non assurées dans ce collège parisien du quai Valmy, près de 10 000 heures pour l’instant déclarées sur notre site Ouyapacours… la pandémie vient aggraver une situation déjà tendue. En temps normal, l’Education nationale n’embauche pas suffisamment d’enseignants pour assurer les cours et pouvoir remplacer celles et ceux qui sont absents (cela se compte en plusieurs centaines de milliers d’heures), alors imaginez en période de pandémie ! Le ministère n’a pas su anticiper, préparer une rentrée pourtant sous haute surveillance. 
C’est la raison pour laquelle il nous a paru indispensable de mettre à disposition des parents notre site Ouyapacours relooké, plus opérationnel : il est important que vous déclariez les heures de cours qui ne sont pas assurées par les enseignants de vos enfants, tant en présence qu’à distance. Pourquoi ? D’une part pour que nous puissions demander de façon pressante des remplaçants sur vos établissements, mais aussi pour que nous puissions vous accompagner si vous décidez de porter plainte contre l’Etat. Car oui, vos enfants ont le droit d’avoir tous les cours prévus à leur emploi du temps pour travailler leurs programmes ! Ils peuvent donc, s’ils n’obtiennent pas satisfaction, porter plainte devant les tribunaux administratifs pour « rupture d’égalité du service public ». Alors n’hésitez pas à aller sur le site Ouyapacours pour déclarer ces absences.


Le témoignage de Florence

Florence, parent d'élève FCPE
Florence

À l’instar de ce qu’il se passe dans de nombreux établissements sur l’ensemble de notre territoire, le collège Valmy souffre d’un manque chronique d’enseignants. Avec la pandémie, ce sont aujourd’hui des centaines d’heures de cours qui ne sont plus assurées. Et les parents n’en peuvent plus ! Ils s’inquiètent pour leurs enfants qui ne suivent pas les programmes, pour les enseignants qui doivent faire face seuls à l’enseignement à distance… « Mon fils est entré en 6e cette année. Après une année de CM2 compliquée en raison de la Covid, la rentrée a elle aussi été difficile pour lui et ses camarades, par exemple parce qu’ils ont dû porter un masque, respecter des distances entre eux… » Rapidement, les absences des enseignants surviennent. « Nous avons des professeurs vulnérables qui ne peuvent qu’assurer leurs cours à distance. Mais c’est très compliqué pour eux, parce qu’ils ne sont pas formés pour ou encore parce qu’ils n’ont pas de matériel fourni par l’Education nationale. J’ai le sentiment qu’ils sont très seuls et abandonnés par leur administration. » Résultat, dans certains cours, la moitié des élèves ne se connecte pas… et ils ne sont qu’en 6e ! Et c’est sans compter les enseignants absents qui ne sont pas remplacés depuis des mois au motif que les enseignants remplaçants sont eux aussi malades ! 
« Il y a aussi de vraies disparités d’équipement entre les élèves : certains ont des tablettes, d’autres des ordinateurs ou encore de simples téléphones portables ! Dans notre établissement, plus de 36% des élèves sont boursiers, chaque année on nous grignote notre DHG, nous avons perdu notre statut de REP, et nous n’avons plus ni infirmière ni assistante sociale… La situation est encore plus difficile pour certains des élèves. On aurait pu imaginer que durant les heures de cours non remplacées les élèves soient gardés dans leur classe pour travailler avec le soutien d’un surveillant. Au lieu de cela, les emplois du temps ont été revus, les heures manquantes regroupées pour que les enfants restent chez eux durant ces heures ! Nous comprenons l’urgence sanitaire, mais nous sommes aussi inquiets quant aux enseignements que reçoivent nos enfants. Et nous ne sommes pas associés aux mesures à mettre en œuvre notamment en cas de reconfinement, En fait, il n’y a aucune imagination, aucune solution alternative qui auraient pu permettre de mieux faire face à la situation », conclut Florence.