Mieux nourrir les enfants à la cantine, c’est urgent !

À l’occasion de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, la FCPE a organisé, mardi 24 mars 2026, un webinaire consacré à l’alimentation des enfants avec Générations Futures et le collectif Les pieds dans le plat. Les intervenantes ont alerté sur les risques liés aux pesticides et plaidé pour une transition vers des repas plus sains à la cantine.

Dans les assiettes des cantines scolaires se joue bien plus que le déjeuner des élèves. Ce que mangent les enfants au quotidien interroge directement les choix agricoles, les politiques publiques et la santé à long terme. C’est ce qu’ont rappelé Nadine Lauverjat, déléguée générale de Générations Futures, Marine Jobert et Céline Crosnier, du collectif Les pieds dans le plat, lors du webinaire organisé par la FCPE.
 
Les enfants figurent parmi les publics les plus exposés aux substances chimiques présentes dans l’alimentation. « Il est essentiel de proposer des repas à la cantine bio et sans polluants chimiques pour protéger la santé des enfants », a souligné Nadine Lauverjat. Les travaux scientifiques s’accumulent sur les effets d’une exposition chronique aux pesticides, même à faibles doses, notamment sur le développement neurologique et hormonal.
 
La restauration scolaire constitue un point d’appui concret. Chaque jour, elle concerne des millions d’élèves, sans distinction sociale ou territoriale. Agir sur les menus, les modes d’approvisionnement ou la qualité des produits permet d’avoir un impact direct et mesurable.
 
Éduquer à une alimentation saine dès l’école
 
Sur le terrain, des évolutions sont déjà à l’œuvre. « Partout en France, des initiatives montrent que c’est possible : introduire du bio, réduire les produits ultra-transformés, relocaliser les approvisionnements », a expliqué Marine Jobert, coordinatrice du collectif Les pieds dans le plat, qui accompagne ces transformations en lien avec les parents et les collectivités.
 
Ces changements ne relèvent pas uniquement de la santé. Ils participent aussi à l’éducation alimentaire des enfants et à une transition écologique plus large. Apprendre à reconnaître des produits de qualité, comprendre leur origine, diversifier son alimentation : autant d’habitudes qui se construisent dès l’école.
 
Des obstacles persistent pourtant. Contraintes budgétaires, organisation des filières, inégalités territoriales : la mise en œuvre des objectifs fixés par la loi reste variable.
 
Une mobilisation collective indispensable
 
Face à ces freins, les intervenantes ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation à plusieurs niveaux. Parents d’élèves, équipes éducatives, collectivités locales et associations peuvent peser sur les choix et accélérer les évolutions. Interpeller les décideurs, s’impliquer dans les commissions de restauration, valoriser les initiatives existantes : autant de leviers pour faire bouger les lignes.
 
« L’alimentation des enfants n’est pas une variable d’ajustement, c’est un investissement pour l’avenir », a rappelé Marine Jobert. Une conviction partagée : transformer la cantine suppose un engagement collectif, capable d’inscrire durablement une alimentation plus saine dans le quotidien des élèves.