Accompagner mon enfant dans ses usages numériques

En amont du lancement le 6 février 2024 de la 21e édition du Safer Internet Day, opéré par Internet Sans Crainte, la FCPE a organisé pour les parents d’élèves un webinaire gratuit mercredi 31 janvier de 18h à 20h, animé par Axelle Desaint, coordinatrice de l’événement qui aura lieu tout le mois de février. Voici, en replay, tous les conseils qu’elle a pu donner aux parents pour qu’ils accompagnent au mieux leurs enfants dans leurs usages numériques. Et ci-dessous un récapitulatif des impacts des écrans, puis quelques recommandations par tranche d’âge.

ÉCRANS ET SANTÉ : OÙ EN EST-ON ?

Entre idées reçues et risques réels des écrans, il n'est pas toujours évident de s'y retrouver. Alors, quels peuvent être les effets des écrans sur le corps et le développement des enfants ?

Troubles du sommeil : Les études montrent un lien entre une exposition aux écrans le soir et des troubles du sommeil : difficulté et ou retard d’endormissement, insomnie, réveil nocturne... Le cerveau est en activité, et les notifications peuvent réveiller les enfants la nuit et les tenter.  Pour un sommeil de qualité, il convient d’éteindre les écrans une heure avant le coucher et éviter les écrans dans la chambre.

Santé mentale : Les professionnels de santé affirment que les réseaux sociaux alimentent les troubles mentaux chez les jeunes. En effet, 45 % des enfants de 10 à 17 ans en France seraient concernés. Les photos filtrées et retouchées, le harcèlement en ligne, entraînent des conséquences sur la santé mentale des jeunes : dépression, troubles de l’alimentation, automutilation… Il est donc important de rappeler aux jeunes que les images véhiculées par les réseaux sociaux ne représentent pas toujours la réalité et prendre du recul pour se protéger de ce qui est visionné.

Échec scolaire : Les recherches ont montré que la surconsommation d’écrans peut multiplier par deux le risque d’échec scolaire à l’adolescence. La raison ?  Le manque de sommeil entraine une baisse de la concentration. Une des solutions est de réguler le temps d’écran. Mais attention, la question du temps d’écran ne doit occulter celle du contenu visionné. 

Isolement social : Il n’y a pas d’accord scientifique sur le lien entre les écrans et les difficultés relationnelles.  Pour éviter le repli sur soi, il faut veiller à équilibrer les activités sociales en/hors ligne et rester attentif : un enfant isolé ou qui passe beaucoup de temps devant les écrans peut être un signe de mal-être, notamment à l’adolescence.

Troubles de l’attention : Avant 3 ans, l’attention d’un enfant est de 10 minutes maximum, elle est de 20 minutes à 6 ans. Les temps d’écran avant 6 ans ne devraient pas dépasser ces durées.
Troubles de la vision : L’usage intensif des écrans peut provoquer une fatigue des yeux, sécheresse oculaire, maux de tête… Les pauses régulières sont importantes, comme regarder au loin de temps en temps. 

Obésité : Oui, les écrans peuvent entraîner du surpoids. Deux raisons majeures : moins d'activité physique et plus de contact avec des publicités incitant à la surconsommation alimentaire par distraction. L’activité physique doit faire partie du quotidien des enfants : promenade, jeux dans un parc, vélo, danse, sports…

Troubles du langage : Une forte exposition aux écrans, particulièrement chez le jeune enfant, peut entraîner des retards de langage sur le court terme ( car diminution de l’interaction avec les parents à un moment où le langage se développe).  Mais des études ont prouvé que lorsque l’enfant est amené à discuter des contenus visionnés en ligne avec son parent, ce risque est réduit.

Agressivité : Les travaux de la recherche contredisent les théories selon lesquelles les écrans rendent violent. Mais, l'arrêt des écrans peut être vécu comme une véritable violence avec des comportements qui peuvent sembler disproportionnés : crise, pleurs, violence… Si les écrans ont un impact si fort sur le cerveau, c’est parce qu’ils agissent comme une récompense et nous procurent une sensation de bien-être. Les plus jeunes y sont très sensibles, car leur cerveau est encore en train de se développer. 

LES CONSEILS D’AXELLE DESAINT PAR TRANCHE D’ÂGE

Avant 3 ans
Les tout-petits n’ont pas besoin d’écrans. Entre 0 et 3 ans, l’enfant développe petit à petit son langage, sa motricité et ses 5 sens. Il a donc besoin d’être au contact d’enfants de son âge, d’attention, du regard et de l’écoute de ses parents. Dans la mesure du possible, évitez donc les écrans à cet âge et préférez un livre ou un jeu. Pensez également à mettre les écrans dans des endroits inaccessibles à l’enfant, les tablettes dans des endroits en hauteur pour éviter l’exposition involontaire.


Les 3-6 ans
Les 3-6 ans peuvent avoir du mal à comprendre et à respecter le cadre qui leur est imposé et ont tendance à vouloir faire comme les plus grands. Les parents se retrouvent ainsi confrontés à la frustration de leur enfant quand vient l’arrêt des écrans. 
• Éviter les écrans avant le coucher.
• Restez vigilant sur les contenus : Sur les dessins animés, séries, films…, un âge minimum est recommandé, et ce même sur les plateformes de vidéos en ligne (Youtube, Netflix...). Pensez donc à paramétrer et à activer un profil enfant sur ces plateformes pour vous assurer que le contenu proposé soit adapté.
• Explorez ensemble les activités numériques : Vous pouvez par exemple regarder un épisode d’un dessin animé avec lui, puis lui proposer de continuer l’histoire avec des figurines ou en faisant un dessin. 
• Plutôt que d’énoncer une durée maximum de temps d’écran, définissez un nombre de parties (pour les jeux vidéo) ou d’épisodes (pour un dessin animé), afin de s’adapter à l’usage réel et d’éviter de couper l’enfant en pleine activité. Mettez en place un timer ou un sablier afin d’aider l’enfant à visualiser le temps qui passe. Prévenez l’enfant avant d’arrêter les écrans pour prévenir la frustration. Cela évite de se confronter à un arrêt qui peut lui sembler brutal. 
• Pour aider votre enfant, expliquez-lui ce qu’il va faire par la suite. Cela lui permet de se projeter dans une autre activité et de penser à autre chose. 
• L’ennui n’est pas mauvais pour le jeune enfant. Au contraire, cela lui permet de développer sa créativité. Ne vous en faites pas, votre enfant n’a pas besoin d’être occupé en permanence !

Les 7-10 ans
À partir de cet âge, les enfants commencent à ressentir un réel besoin d’acceptation et de reconnaissance de la part de leurs pairs. Les usages s’intensifient et s’autonomisent et certains enfants sont sur les réseaux sociaux malgré l’interdit. Les parents s’interrogent notamment sur l’âge à partir duquel on peut équiper son enfant et s’inquiètent des risques auxquels s’exposent leurs enfants, en ce qui concerne leur image en ligne ou les contenus inadaptés (pornographie, violence…).
• Autorisez les écrans dans les espaces communs uniquement (plutôt que dans la chambre).
• Responsabilisez son enfant à l’aide d’une charte numérique, en listant des règles claires et choisies avec l’enfant pour qu’il les comprenne et les accepte.
• N’hésitez pas à proposer à votre enfant d’autres activités qui le feront davantage bouger : sorties en ville, balades en forêt,  promenade en vélo…
• Choisissez ensemble les jeux, vidéos, séries, adaptés à son âge, aidez-le dans ses premières recherches en ligne pour trouver des contenus fiables et adaptés. 
• Paramétrez le contrôle parental
• Expliquez les risques et bénéfices des écrans : Il ne faut pas hésiter à expliquer que la loi interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans pour les protéger. 

Les 11 ans et plus
Avec l’arrivée au collège, les outils numériques prennent une place importante dans le quotidien des pré-ados et des ados.
• Respectez son intimité et essayez de ne pas l’espionner ou contrôler tout ce qu’il fait en ligne : vous risquez de perdre sa confiance et de prendre le risque qu’il vous cache tout de ses activités en ligne.
• Restez disponible pour répondre aux questions de son ado. 
• Posez un cadre d’utilisation des écrans. Ce cadre d’utilisation des écrans doit être évolutif et s’adapter au développement de l’adolescent. 
• Continuez à l’éduquer au numérique : expliquez-lui le fonctionnement des algorithmes qui sont là pour retenir attention, aidez-le à exercer son esprit critique. 
• Pour éviter l’escalade vers une situation de cyberharcèlement, on rappelle à son ado qu’il y a toujours une vraie personne derrière l’écran, avec ses propres sentiments. Informez-le des outils et ressources disponibles en cas de problème :(3018, pharos, point de contact, structures jeunes.

Des outils concrets : 
• Le site Faminum pour créer sa propre charte de vos pratiques numériques en famille
Internet, les écrans ... et nous ! : Un guide interactif pour accompagner les enfants de 7-12 ans et leurs parents dans leur vie numérique.
Guide Les écrans, les réseaux... et vos ados ! : Ce guide, réalisé avec Ceméa, aide les parents à accompagner leurs adolescents dans leur vie numérique avec des conseils concrets.
• La série vidéo « Parents, parlons-en », créée avec la FCPE en 2016.
Des guides pour paramétrer les comptes de vos enfants sur les réseaux sociaux

 

Infos pratiques

Connectés, engagés… et toi ? 
Le Safer Internet Day est inscrit à l'agenda scolaire et fait partie des temps forts du programme pHARe du ministère de l'Éducation nationale. Pour cette 21e édition intitulée « Connectés, engagés… et toi ? », la FCPE diffuse à ses adhérents, en partenariat avec Internet Sans Crainte, deux guides pratiques pour les sensibiliser à leur responsabilité en ligne.

Pour télécharger le guide parents-enfants, cliquez-ici.

Pour télécharger le guide parents-adolescents, cliquez-ici.

Image du guide