Capture écran du site Ouyapacours

Absences non remplacées, signalez-les !

Pour que chaque jeune ait les mêmes droits à l’éducation, la FCPE joue son rôle de lanceur d’alerte en signalant le non-remplacement des professeurs absents.

Si dans le primaire, le taux de remplacement des enseignants absents est de 80%, le problème persiste dans le second degré pour les absences de courte durée. Selon un rapport 2017 de la Cour des comptes, ce taux n’atteint que 5 à 20%. Sur le terrain, les présidents départementaux FCPE en témoignent. « Sur les absences de moins de deux semaines, on assiste, outre le non-remplacement, à une généralisation aussi du remplacement en interne par des professeurs d’une autre matière, ce qui n’est pas l’idée d’un remplacement. Sur les absences longues et surtout non prévues, le rectorat peine à trouver des professeurs sur des matières en tension comme le grec, la philo, les sciences éco, la technologie… Alors que le ministère prévoit la suppression de postes dans le secondaire, il y a de quoi être inquiet sur les moyens alloués pour pallier ces absences », s’insurge François Berdaguer, président de la FCPE Pyrénées-Orientales. Autre constat dénoncé par Samir Allel, président de la FCPE Vaucluse : « Nous avons eu, par exemple, à Orange, des collégiens sans professeur de physique pendant un an… Comment ces gamins, dans ces conditions, peuvent ensuite aller en filière générale, suivre un cursus scientifique et être dans la réussite ? On observe aussi que les remplacements ne sont pas assurés surtout dans les établissements REP+, contrairement aux établissements dits d’élite. Cette discrimination n’est pas acceptable dans une école où tous les élèves doivent bénéficier du même nombre d’heures de cours et des mêmes droits ».
94 920 heures perdues depuis la rentrée
Si au quotidien, les parents d’élèves se battent au cas par cas sur ces absences non remplacées, la FCPE incite tout un chacun, depuis 2009, à renseigner les heures de cours perdues sur un site dédié : Ouyapacours. Sur cette plateforme en ligne qui a fait peau neuve à la rentrée, les parents, via un compte, peuvent indiquer le nom de l’établissement scolaire, la discipline, le niveau scolaire et la date du début d’absence. Quand ils referment le dossier, les heures sont comptabilisées. Si l’actualisation n’est pas faite, un mail de relance est envoyé au bout d’un mois. Le 14 novembre, le compteur du site affichait déjà 94 920 heures perdues pour les élèves.
Cet outil d’évaluation, véritable « photographie nationale » au plus près de la réalité s’il est bien renseigné, constitue un levier pour interpeller le ministère. L’enjeu est de taille, car les non-remplacements mettent à mal tous les efforts de la communauté éducative pour faire réussir les élèves et lutter contre les inégalités.