Réseaux sociaux : du bon sens et de la curiosité

Univers extraordinaire pour échanger avec ses pairs, les réseaux sociaux présentent aussi des risques pour les adolescents, qui traversent une période de fragilité. Les parents, quelle que soit leur connaissance des plateformes, sont les meilleurs guides pour accompagner leurs enfants. Cécile Rousselle, coordinatrice du programme Internet sans crainte, livre trois conseils clés.

1. Instaurer le dialogue et créer un climat de confiance
Même si le conseil semble facile, c’est sans doute le plus efficace : il faut maintenir le dialogue avec son enfant, discuter avec lui de son activité sur les réseaux sociaux. Ces échanges réguliers seront la meilleure prévention en cas de problèmes. Car un enfant qui pense que son père ou sa mère lui confisquera son téléphone portable dès qu’un danger sera identifié ne se confiera pas. En revanche, s’il les sait bienveillants et ouverts, il les avertira en cas de cyberharcèlement par exemple.
Il y a pleins de biais possibles pour réflechir avec lui de ses usages des réseaux sociaux. Il faut s’appuyer sur les autres pratiques numériques de l’enfant : Que fait-il quand il navigue sur Internet ? S’il échange des contenus violents sur Snapchat par exemple, il les regarde aussi sur Youtube sur l’ordinateur de la maison. Autre axe qui fonctionne bien : dans une fratrie, sensibiliser l’aîné sur les contenus qu’il regarde et sur lesquels son petit frère ou petite sœur peut tomber. Il s’interrogera ainsi sur ses propres pratiques.

2. Guider son enfant sans être trop intrusif
Pour les parents, le contrôle à 100% est impossible. La plupart des collégiens utilisent leur smartphone pour aller sur les applications des réseaux sociaux, et l’interdiction totale ne fonctionne pas. Lors d’ateliers que j’ai pu mener avec des élèves, 80 % d’entre eux m’ont dit qu’ils étaient inscrits sur Snapchat avec une fausse date d’anniversaire. La solution, encore une fois, réside dans l’accompagnement. Même si les parents ne veulent pas s’en servir, le minimum est qu’ils testent au moins une fois les plateformes : Facebook, Snapchat, Twitter, Instagram, Youtube… Une fois que l’on sait de quoi on parle, on peut échanger avec eux sur des sujets qui ne demandent pas de maîtrise technique particulière : Sur quelles plateformes sont-ils inscrit ? ; Avec qui sont-ils en contact ? ; Leur profil est-il protégé ? Leur mot de passe est-il sécurisé ? Ont-ils conscience qu’il ne faut jamais le donner, ou diffuser des données personnelles (leur nom, adresse, numéro de téléphone). Contrairement à ce que l’on peut croire, les digital natives ne savent pas régler leurs paramètres de confidentialité.

3. Fais ce que je dis, pas ce que je fais !
Les parents oublient trop souvent qu’ils sont des modèles ! Comment voulez-vous qu’un enfant applique vos consignes, notamment quand on leur demande de ne pas partager de photos de lui ou de ses copains, quand on publie soi-même les photos de ses enfants sur les réseaux sociaux ? Beaucoup de parents doivent questionner leur propre fonctionnement. Comment les enfants vivent-ils le fait d’être exposés de cette façon ? Assumeront-ils, dans 10 ans, 20 ans, les photos que l’on aura postées d’eux plus petits ? Car Internet, lui, n’oublie rien !

Chiffre-clé

92 % des 15-17 ans et 64 % des 11-13 ans ont un profil sur Facebook (Calysto 2012). 42 % des 13-19 utilisent Snapchat (Ipsos 2016).
85,2 % des collégiens ont un téléphone portable dans leur chambre

Infos pratiques

• Pour en savoir plus, visitez l’espace parents d’Internet sans crainte.
• Tutoriels et conseils d’experts sur le site de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique.
Campagne de la Cnil : « Protéger sa vie privée en 6 étapes » par le YouTuber Kevin Tran.
• Facebook fournit sur sa plateforme des conseils pour agir en cas de harcèlement.
• Portail Non au harcèlement du ministère de l’ Éducation nationale.