En 2026, des enfants ont commencé la rentrée en dormant à la rue !

Mis à jour le 1 septembre 2026

A quelques jours de la rentrée, 2 355 enfants dorment à la rue en France.
Ce sont 9% d'enfants de plus qu'en 2025 et 42% de plus qu'en 2022.
Derrière ces données, il y a des enfants qui grandissent dans l’insécurité, confrontés à des risques qui affectent leur santé, leur scolarité, leur équilibre et leur avenir.
Mercredi 26 août, la FCPE aux côtés de l’Unicef, de la Fédération des acteurs de la solidarité de la Fondation pour le logement des défavorisés et du collectif Jamais sans toit a commenté les résultats du dernier baromètre des enfants à la rue. Une grande mobilisation aura lieu en octobre prochain.

Pour l’UNICEF France, cette situation des enfants sans toit vient directement bafouer des droits fondamentaux, au premier rang desquels figure le droit au logement.

Car comment parler d’égalité des chances à l’école lorsque, le jour même de la rentrée scolaire, des milliers d’enfants ne savent pas où ils dormiront le soir ?

Comment demander à un enfant de se concentrer en classe lorsqu’il a passé la nuit dans la rue, dans une voiture, dans un hébergement d’urgence temporaire voire dans un préau d’école ?

Comment construire des apprentissages et une stabilité lorsque les changements de lieux de vie entraînent également des changements d’école ?

Alors que le niveau de pauvreté atteint aujourd’hui un niveau particulièrement élevé, les associations dénoncent des baisses de crédits et des budgets qui ne seraient pas à la hauteur des besoins.

Dans le même temps, le budget consacré au logement est en baisse. Les acteurs du secteur alertent notamment sur une diminution de l’ordre de 4 % des crédits.

Moins d’argent, donc, alors que les demandes ne cessent d’augmenter.

Les équipes sont épuisées. Les associations manquent de moyens. Et les personnes les plus fragiles en sont les premières victimes.

Le principe est simple : plutôt que de multiplier les réponses d’urgence, il faut permettre aux personnes de retrouver un logement stable et de bénéficier ensuite des accompagnements nécessaires.

Une construction de logements insuffisante

La baisse de la production de logements sociaux est particulièrement préoccupante. Selon les acteurs du secteur, environ 250 000 logements sociaux manqueraient aujourd’hui si le niveau de production antérieur avait été maintenu.

Depuis plusieurs années, les choix budgétaires et politiques ont contribué à fragiliser la politique du logement : baisse des aides personnelles au logement, diminution des moyens, recul de la production de logements sociaux.

Pour Manuel Domergue et la Fondation pour le Logement des Défavorisés, il s’agit bien de choix politiques.

Le constat vaut également pour d’autres publics particulièrement vulnérables, notamment les personnes en exil, les habitants de bidonvilles ou les ménages menacés d’expulsion.

En 2025, près de 30 000 expulsions locatives ont été réalisées, un niveau jugé historique par tous les experts.

 

Les parents d’élèves et les enseignants, des soutiens sans faille

Face à cette situation, les citoyens prennent le relais. Comme l’a expliqué Samira Dadache, administratrice nationale de la FCPE, la fédération poursuit son engagement pour accompagner les enfants et leurs parents confrontés au sans-abrisme et à la précarité.

Dans de nombreuses villes, parents d’élèves, enseignants et autres citoyens occupent des écoles pour mettre à l’abri des enfants sans solution.

Des cagnottes sont organisées pour payer les nuits d’hôtel notamment grâce à des goûters solidaires. Des citoyens se mobilisent pour trouver des solutions là où les dispositifs publics n’en proposent plus.

Plus de 103 000 euros ont ainsi pu être réunis par une mobilisation citoyenne lyonnaise pour mettre des enfants à l’abri et financer notamment des hébergements. Certaines occupations d’écoles durent plusieurs mois, parfois un an ou deux.

Mais cette mobilisation citoyenne se heurte également à des pressions.

Certains collectifs font face à des menaces de plainte, à des risques d’expulsion ou à des pressions politiques locales.

À l’approche de l’élection présidentielle, il est temps de passer des promesses aux actes : garantir un toit à chaque enfant ne devrait pas être un objectif lointain mais une priorité politique. Du 12 au 17 octobre, une nouvelle séquence de mobilisation permettra d’interpeller les pouvoirs publics et de rappeler que la situation ne peut plus être considérée comme une fatalité.