Mouvement lycéen : conseils et repères

Mis à jour le 15 octobre 2026

Blocus, cours à distance, absences, sanctions… Quels sont les droits des lycéens et comment les parents peuvent-ils les accompagner ? Le point sur les règles et les recours.

1. Consultation nationale des lycéennes et des lycéens
Le ministère de l’Education nationale ouvre, jusqu’au vendredi 23 octobre 2026, une consultation nationale à destination des lycéennes et des lycéens sur la plateforme Agora.
 
Position FCPE
Une consultation en ligne ne saurait tenir lieu de réponse aux revendications portées par les lycéens. La participation des jeunes n’a de sens que si leurs contributions sont réellement prises en compte et débouchent sur des décisions concrètes.
 
2. Les « temps de démocratie interne » annoncés par le gouvernement
La demande faite aux chefs d’établissement d’organiser des temps d’échange avec les lycéens ne répond pas, à elle seule, aux revendications portées par la mobilisation.
Celles-ci appellent notamment des réponses nationales sur les moyens, les créations de postes, les effectifs des classes, le bâti scolaire, l’accès à l’enseignement supérieur via Parcoursup…
 
Position FCPE
Le dialogue dans les établissements est nécessaire, mais il ne peut se substituer à des réponses politiques et budgétaires. Il ne doit pas non plus servir à obtenir la reprise des cours sans engagement concret sur les revendications exprimées.
À noter que plusieurs organisations, notamment le SNPDEN UNSA (syndicat des chefs d'établissement) refusent ou critiquent la mesure, estimant qu'elle a été décidée trop rapidement, sans préparation ni concertation préalable.
 
3. Peut-on imposer des cours à distance pendant une mobilisation ?
En cas de fermeture d’un établissement scolaire, le chef d’établissement peut demander aux enseignants d’assurer une continuité pédagogique (donner du travail à faire aux élèves par exemple) mais il ne peut pas les contraindre d’assurer leurs cours en distanciel. Ce dernier point relève du volontariat des enseignants.
 
Position FCPE
 La FCPE n’est pas favorable à la mise en place de cours en distanciel, visant à faire obstacle à la mobilisation des lycéens.
 
4. Les lycéens disposent-ils d’un droit de grève ?
Non, pas au sens juridique du droit de grève des salariés. Les lycéens sont soumis à une obligation d’assiduité, prévue notamment par les articles L511-1 et R511-11 du code de l’éducation.
Une absence pour participer à un mouvement lycéen n’est pas reconnue comme un motif légitime d’absence par l’article L131-8 du code.
Cela ne signifie pas que les lycéens sont privés de droits collectifs.
L’article L511-2 du code de l’éducation leur reconnaît la liberté d’information et d’expression. Le droit de réunion est également prévu, notamment par l’article R511-10.
 
Position FCPE
La FCPE dénonce les absences non justifiées enregistrées dans le dossier scolaire alors que le jeune se mobilise, pratique qui peut s’apparenter à une entrave à l’expression citoyenne. N’hésitez pas à engager le dialogue avec les chefs d’établissement sur cette question.
 
5. Quelle différence entre un rassemblement et un blocus ?
Un rassemblement pacifique permet aux lycéens d’exprimer collectivement leurs revendications. Lorsqu’il se déroule sur la voie publique, il doit respecter les règles applicables aux manifestations et ne pas porter atteinte aux droits d’autrui.
 
Un blocus consiste à empêcher ou à entraver l’accès à l’établissement.
 
6. Que risque un lycéen qui participe à un blocus ?
 
Sur le plan pénal
Une participation à un rassemblement pacifique ne constitue pas, en elle-même, une infraction pénale.
En revanche, des faits tels que des violences, des dégradations ou certaines entraves à la circulation, peuvent selon les circonstances être susceptibles de poursuites.
 
Sur le plan disciplinaire
Des faits commis aux abords de l’établissement peuvent également relever d’une procédure disciplinaire lorsqu’ils sont liés à la qualité d’élève et à la vie de l’établissement. Selon les faits reprochés et leur gravité, l’élève peut faire l’objet d’une procédure disciplinaire. Les sanctions prévues par le code de l’éducation vont de l’avertissement à l’exclusion définitive.
Une sanction n’est pas automatique : les faits doivent être établis, la responsabilité individuelle examinée et la sanction proportionnée.
 
Position FCPE
Les situations les plus graves (actes de dégradation, voire actes de violence) relèvent du domaine de la justice. Il n’y a pas lieu d’ajouter à cela des conseils de discipline.
 
7. Comment accompagner une famille dont l’enfant est convoqué en conseil de discipline ?
L’élève et sa famille ont la possibilité de demander à la personne de leur choix de les accompagner lors du conseil de discipline.
 
Plusieurs points de vigilance :
    •    Les faits reprochés : ils doivent être précisément portés à la connaissance de l’élève et de ses représentants légaux.
    •    L’accès au dossier : L'élève, son représentant légal et la personne éventuellement chargée de l'assister pour présenter sa défense peuvent prendre connaissance du dossier auprès du chef d'établissement.
    •    Le droit à la défense : l’élève peut présenter ses observations et se faire assister par une personne de son choix. Il doit également être informé de son droit de garder le silence.
    •    La responsabilité individuelle : une sanction doit reposer sur des faits imputables à l’élève concerné. Une sanction collective est illégale.
    •    La proportionnalité : la sanction doit être adaptée aux faits établis et à leur gravité.
   
Quel recours en cas de sanction ?
 Toute décision prononcée par le conseil de discipline peut être contestée dans un délai de 8 jours auprès du recteur d’académie.
L’appel n’est pas suspensif de la décision du conseil de discipline.
Le recteur dispose d'un délai d'un mois, à partir de la date de réception du recours, pour réunir la commission académique d’appel et transmettre sa décision à partir de l’avis de la commission.
Cet appel est un préalable obligatoire avant tout recours contentieux devant le tribunal administratif.
 
Les procédures disciplinaires, articles R 511-12 à D 511-58 du code de l'éducation.

8. La plateforme Parcoursup opère-t-elle une remontée des informations sur les absences en classes pour les signaler ?
Non. La plateforme Parcoursup récupère les éléments de bulletins scolaires de première et de terminale qui correspondent exclusivement aux notes, aux appréciations des enseignants et au positionnement de l’élève dans son groupe (Rang / Moyenne / Effectif).
Aucune information spécifique sur les absences n’est demandée ni collectée sur Parcoursup. Le seul cas possible est donc lorsqu’un enseignant a mentionné une information dans son appréciation trimestrielle. (source : parcoursup.gouv.fr)

9. Les lycéens peuvent-ils s’absenter pour participer à un mouvement ?
Une absence pour participer à un mouvement lycéen n’est pas reconnue comme un motif légitime d’absence par l’article L131-8 du code : « Les seuls motifs réputés légitimes sont les suivants : maladie de l'enfant, maladie transmissible ou contagieuse d'un membre de la famille, réunion solennelle de famille, empêchement résultant de la difficulté accidentelle des communications, absence temporaire des personnes responsables lorsque les enfants les suivent. Les autres motifs sont appréciés par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation. »

Notez que, selon cet article, ce n’est pas au chef d’établissement d’apprécier la caractère légitime d’un motif d’absence mais que cela relève du rectorat.

En tout état de cause, veillez à prévenir systématiquement et sans délai le chef d’établissement des absences de votre enfant.

10. Quelles peuvent être les conséquences en cas d’absence à une évaluation ou en cas de devoir non rendu ?
Il faut rappeler tout d’abord qu’il est interdit par les textes officiels de baisser la note d’un élève voire de lui mettre un zéro pour des motifs strictement disciplinaires.
Concernant une absence à une évaluation ou un devoir non rendu, voici ce que mentionne un courrier de la DGESCO du 20 février 2001 à propos de la note zéro : « Un devoir non remis sans excuse valable, une copie blanche rendue le jour du contrôle, une copie manifestement entachée de tricherie, ou encore un travail dont les résultats sont objectivement nuls, peuvent justifier qu'on y ait recours. […]
Pour ce qui est de l'absence à un contrôle de connaissances, si elle est justifiée, une épreuve de remplacement peut être mise en place ; si elle est injustifiée, elle implique une absence de notation qui aura une incidence sur la moyenne, calculée en fonction du nombre d'épreuves organisées au cours de la période de notation. »

11. Un chef d’établissement peut-il supprimer le versement d’une bourse de lycée ou d’une bourse au mérite ?
L’article R531-31 du code de l’éducation stipule que « Le paiement des bourses nationales d'études de second degré de lycée est subordonné à l'assiduité aux enseignements. […] En cas d'absences injustifiées et répétées d'un élève, la bourse peut donner lieu à retenue. Cette retenue est opérée lorsque la durée cumulée de ces absences excède quinze jours, dans la proportion d'un deux cent soixante-dixième par jour d’absence. […] »

Par conséquent, le défaut d’assiduité (absences injustifiées et répétées) ne peut donner lieu qu'à des retenues financières proportionnelles et calculées selon un barème précis. Toute décision de suppression globale et définitive pour l'année (ou le trimestre) en dehors de ce calcul constitue un excès de pouvoir et une violation de la réglementation.

Concernant la bourse au mérite du lycée, elle est un complément de la bourse nationale de lycée puisqu’elle y est adossée réglementairement. La bourse au mérite relève de ce fait du même régime que la bourse principale de lycée, et ne peut pas faire l’objet d'une suppression totale pour absentéisme.