Stages en entreprise : la FCPE attend une concertation pour tout remettre à plat

Mis à jour le 4 mai 2026

Depuis 2025, au moins six élèves mineurs ont perdu la vie alors qu’ils effectuaient un stage de troisième ou de seconde. Des drames qui, selon la FCPE, auraient dû être évités et qui interrogent profondément l’organisation actuelle de ces périodes de stricte observation en entreprise.

À la suite du décès d’un élève de seconde dans le Gard en avril dernier, certains syndicats enseignants vont jusqu’à demander la suspension voire la suppression des stages pour les mineurs au collège comme au lycée pour la voie générale comme technologique. De son côté, la FCPE appelle depuis plusieurs années à une concertation de fond pour repenser le parcours d’orientation des jeunes. L’extension sans aucune concertation préalable des stages aux élèves de seconde en 2023 avait suscité notre colère et avaient été relayée par de vives critiques parmi les parents d'élèves. La fédération dénonce, en effet, une mesure à la fois, inégalitaire, risquée et inefficace au regard des objectifs affichés.

 

Les failles du stage en entreprise au collège comme au lycée

Comme le précise le Défenseur des droits dans un rapport de 2025 « Le droit à l’orientation dans l’enseignement secondaire : un droit à déployer pour tous les jeunes », la recherche de stage pourtant obligatoire repose quasi exclusivement sur les familles. Pour la FCPE, elle s’apparente souvent à une « foire à la débrouille », dépendante du réseau relationnel et du dynamisme du tissu économique local. Ces stages sont trop souvent subis par manque de choix ou d'opportunités et sont de cruels révélateurs du manque de moyens des établissements scolaires, creusant une fois de plus les inégalités sociales, territoriales... Une telle situation n'est pas admissible et n'a jamais été corrigée malgré les plateformes d'offres de stages qui existent ici ou là, de façon disparate, à l'échelle locale comme nationale... À cela, s’ajoutent des contraintes matérielles importantes, comme les transports voire même l’hébergement toujours à la charge des familles, là encore le champ des possibles n'existe pas pour de nombreux élèves...

La généralisation des stages en seconde crée une concurrence accrue avec les élèves de la voie professionnelle, eux aussi tenus d’effectuer des périodes de formation en entreprise au même moment. Dans certaines zones, cette simultanéité complique fortement l’accès aux stages pour tous. Deux cohortes d'élèves sont en recherche de stages alors que les capacités d'accueil des associations, entreprises ou collectivités sur un même bassin de vie ne sont pas extensibles.

De nombreux parents s’interrogent sur l’intérêt réel du stage de seconde, qui n’est ni encadré ni évalué sur le plan pédagogique et qui s’apparente à une mesure pour occuper les élèves dans le désert éducatif du mois de juin. 

La reconquête de la fin du troisième trimestre annoncée lors de la création de ces stages de seconde est un échec !

Face à ces constats, la FCPE rappelle qu'elle demande depuis leur création un bilan transparent, partagé des stages de seconde et appelle le ministère de l’Éducation nationale à engager une réflexion globale et ce de façon concertée. Elle propose notamment de redonner au troisième trimestre de seconde toute sa place au sein des établissements, afin de permettre aux élèves de construire leur orientation dans un cadre sécurisé et d’acquérir des compétences utiles pour la suite de leur parcours.

La fédération insiste également sur un principe clair, de bon sens et ce conformément aux textes en vigueur : les stagiaires mineurs ne sauraient en aucun cas constituer une main-d’œuvre à bas coût, notamment dans des secteurs en tension. Ils doivent être en mission d’observation et ne pas être affectés à des taches qui pourraient s’avérer dangereuses pour leur santé et leur sécurité.

Au-delà des réformes structurelles, une exigence s’impose : celle d’un encadrement renforcé. Chaque stage doit faire l’objet d’un suivi effectif, reposant sur un lien étroit entre l’enseignant, l’entreprise et la famille. C’est à cette condition que ces expériences pourront devenir de véritables temps d’apprentissage sécurisés pour construire un véritable parcours d’orientation où la coéducation a toute sa place.