Budget 2026 : l’occasion ratée de faire mieux avec moins d’élèves !
Les annonces de suppressions de postes dans l’Éducation nationale pour la rentrée 2026 ne peuvent que susciter une vive contestation ! Comment peut-on encore croire que l’école est la priorité numéro 1 du gouvernement ? Avec environ 4 000 postes d’enseignants en moins, le ministère assume une politique d’ajustement budgétaire qu’il justifie par la baisse démographique. Un argument jugé irrecevable par la FCPE, qui dénonce une nouvelle étape dans l’affaiblissement de l’école publique.
Dans le détail, ces suppressions concernent presque l’ensemble du territoire. Les écoles primaires sont particulièrement touchées, avec des fermetures de classes attendues dans de nombreuses académies. Celle de Lille perd 265 postes, tandis que Versailles en perd 170. La Normandie et la Bretagne figurent également parmi les régions les plus affectées. À l’inverse, seules quelques académies du second degré, comme Créteil, Lyon, Versailles et Mayotte, enregistrent des créations de postes. Partout ailleurs, collèges et lycées devront composer avec des moyens réduits.
Pour le ministère, ces décisions s’inscrivent dans un contexte de diminution du nombre d’élèves. Il met également en avant l’arrivée de 8 000 fonctionnaires stagiaires, qui prendront en charge des classes à mi-temps tout en poursuivant leur formation. Une réponse insuffisante, estiment les syndicats, qui pointent le manque d’expérience de ces nouveaux enseignants et la fragilité du dispositif.
Dans un communiqué publié le 28 janvier 2026, la FCPE a exprimé sa colère au regard de l’ampleur des coupes. Elle estime que la baisse démographique aurait dû être une opportunité historique pour améliorer les conditions d’apprentissage, notamment en réduisant le nombre d’élèves par classe et en renforçant l’accompagnement pédagogique. Au lieu de cela, elle y voit un choix politique qui sacrifie l’école publique au nom de l’austérité.
La fédération alerte également sur les conséquences concrètes de ces décisions. Dans les territoires ruraux comme dans les zones urbaines, la fermeture de classes menace le maillage scolaire et accentue les inégalités. Les établissements les plus fragiles risquent d’être les premiers touchés, avec des classes plus chargées et des équipes pédagogiques sous tension. Pour les parents, cela se traduira par une dégradation des conditions d’accueil et d’apprentissage des élèves.
Au-delà des aspects budgétaires, la FCPE s’inquiète d’un manque de vision pour l’école.
Face aux défis contemporains – crise climatique, inégalités sociales, mal-être des jeunes – elle appelle à un investissement massif et à un projet éducatif ambitieux. Elle invite les élus locaux et les futurs candidats aux élections à se mobiliser pour défendre l’école publique et faire de l’éducation une priorité politique.
La mobilisation sur le terrain
• À Paris, rassemblement devant le rectorat mardi 10 février 2026. Parents et enseignants unis contre les fermetures de classe annoncées.
• En Île-de-France, plusieurs conseils départementaux ont participé à la manifestation organisée le 17 février 2026 par les organisations syndicales des académies de Paris, Créteil et Versailles, pour défendre une école publique ambitieuse, inclusive, et dotée des moyens nécessaires à la réussite de tous les élèves.
• Dans les Côtes-d’Armor, les organisations syndicales CGT Éduc’Action, FSU 22, SE-Unsa 22, SNUDI-FO 22, SUD Éducation 22 ainsi que la FCPE 22 ont alerté sur les conditions de travail et de réussite des missions d’enseignement dans le premier degré dans les Côtes-d’Armor. Le ministère prévoit un retrait de 86 postes pour le premier degré et de 131 postes dans le second degré dans l’académie de Rennes pour la rentrée 2026. Grève et rassemblements locaux étaient prévus le jeudi 5 février 2026.
• En Seine-Maritime, mobilisation le mercredi 11 février 2026 devant les rectorats de Rouen et de Caen. Le ministère de l’Éducation nationale annonce la suppression de 272 postes dans l’académie de Normandie à la rentrée 2026 : 135 postes dans les écoles ; 119 postes dans les collèges et lycées ; 18 postes administratifs.
• En Martinique, 82 postes d’enseignants seront supprimés en 2026. La FCPE a interpellé le rectorat.