Stage en entreprise : la FCPE demande une concertation dans les prochains mois
Mis à jour le 4 mai 2026
À la suite du décès d’un élève de troisième dans le Gard en avril dernier, certains syndicats vont jusqu’à demander la suspension des stages pour les mineurs. De son côté, la FCPE appelle depuis plusieurs années à une concertation de fond pour repenser le parcours d’orientation des jeunes. L’extension des stages aux élèves de seconde en 2023 avait suscité de vives critiques parmi les parents d'élèves. La fédération dénonce en effet une mesure à la fois risquée et inefficace au regard des objectifs affichés.
Les failles du stage en entreprise
La recherche de stage repose quasi exclusivement sur les familles. Elle s’apparente souvent à une « foire à la débrouille », dépendante du réseau relationnel et du dynamisme du tissu économique local. À cela, s’ajoutent des contraintes matérielles importantes, comme les transports voire même l’hébergement.
La généralisation des stages en seconde crée une concurrence accrue avec les élèves de la voie professionnelle, eux aussi tenus d’effectuer des périodes de formation en entreprise. Dans certaines zones, cette simultanéité complique fortement l’accès aux stages pour tous. Trois cohortes d'élèves sont en recherche de stages alors que les offres ne sont pas extensibles.
De nombreux parents s’interrogent sur l’intérêt réel du stage de seconde, qui n’est ni encadré ni évalué sur le plan pédagogique et qui s’apparente à une mesure pour occuper les élèves dans le désert éducatif du mois de juin.
Face à ces constats, la FCPE appelle le ministère de l’Éducation nationale à engager une réflexion globale. Elle propose notamment de redonner au troisième trimestre de seconde toute sa place au sein des établissements, afin de permettre aux élèves de construire leur orientation dans un cadre sécurisé et d’acquérir des compétences utiles pour la suite de leur parcours.
La fédération insiste également sur un principe clair : les stagiaires mineurs ne sauraient en aucun cas constituer une main-d’œuvre à bas coût, notamment dans des secteurs en tension. Ils doivent être en mission d’observation et ne pas être affectés à des taches qui pourraient s’avérer dangereuses pour leur santé et leur sécurité.
Au-delà des réformes structurelles, une exigence s’impose : celle d’un encadrement renforcé. Chaque stage devrait faire l’objet d’un suivi effectif, reposant sur un lien étroit entre l’enseignant, l’entreprise et la famille. C’est à cette condition que ces expériences pourront devenir de véritables temps d’apprentissage sécurisés pour construire un véritable parcours d’orientation où la coéducation a toute sa place.