Doit-on accepter dans un établissement scolaire, une jeune fille qui porte le foulard islamique ?
Le respect des différences et des spécificités doit pouvoir s'exercer au sein de l'école publique, qui a vocation à les intégrer, à en faire une source d'enrichissement mutuel qui illustre les valeurs universelles de la démocratie, qui réprouve tout autant l'exclusion que le prosélytisme. C'est en ces termes que se pose le problème du port du voile dit islamique. Il n'y a pas de réponse unique à une symbolique plurielle : suivant que la jeune fille porte le voile par souci de protéger sa féminité, pour répondre à une contrainte familiale forte ou pour exprimer personnellement une conviction religieuse de nature intégriste et prosélyte, la réponse de l'institution doit être adaptée. Il appartient à cette dernière d'expliquer et de faire vivre la laïcité, qui n'est pas une valeur "naturellement" partagée. Comme le souligne le philosophe Bernard Defrance : "…où, ailleurs qu'à l'école publique laïque, la jeune fille apprendra-t-elle la signification du voile et les moyens de son émancipation ?…". Ce que l'historien Jean BAUBEROT, exprime autrement : le voile "…peut être une manière paradoxale et temporelle par laquelle la jeune musulmane négocie son insertion hors de l'espace domestique…".