Conseils de discipline : le bâton sans la carotte ! - 23 septembre 2003 :
En décidant, avec la bénédiction du SNES-FSU, de modifier la composition du conseil de discipline, le Ministre Ferry récuse la vocation fondamentalement éducative du conseil de discipline, remet en cause l'existence de la communauté éducative, et espère, dans le même élan, acheter la paix sociale à une organisation syndicale, dont la candeur apparente laisse pantois.

En décidant, avec la bénédiction du SNES-FSU, de modifier la composition du conseil de discipline, le Ministre Ferry récuse la vocation fondamentalement éducative du conseil de discipline, remet en cause l'existence de la communauté éducative, et espère, dans le même élan, acheter la paix sociale à une organisation syndicale, dont la candeur apparente laisse pantois. Contrairement à ce que prétend le Ministre, les représentants des usagers sont déjà minoritaires (5 sur 11). Cette situation sera aggravée (5 sur 15). La limitation (relative) du nombre de membres du conseil de discipline avait été voulue, pour éviter l'image massive et écrasante d'un tribunal d'adultes. Un équilibre fragile et toujours délicat à négocier avait été trouvé entre représentants de l'encadrement, du personnel d'éducation, des parents et des élèves pour qu'ensemble la communauté éducative réfléchisse avec l'élève incriminé, et éventuellement ses parents, aux solutions les plus adaptées, dans une perspective clairement éducative. La légitimité du conseil de discipline repose sur le respect du droit et non sur l’arbitraire. En renforçant sans nuance le poids de l'institution scolaire au sein des conseils de discipline, le Ministre introduit une logique suicidaire d'affrontement. Il suspecte a priori les délégués des usagers de laxisme et de complaisance et tente d'étouffer leur voix en créant les conditions pour imposer les choix de l'institution. Quand le Ministre supprimera-t-il les conseils de discipline ? Le Ministre prétend lutter contre la violence : en réalité, il met en place lui-même les conditions de la violence, donnant en exemple aux jeunes un mode de résolution des conflits fondé sur le règlement de comptes dont ils seront les premières victimes. Face à l’arbitraire, les familles et les jeunes n’auront d’autre solution que de faire appel à la justice pour faire respecter leur droit. S'exonérant de consulter sur ce sujet les organisations représentatives des lycéens et des parents, il révèle, sans la moindre ambiguïté, dans quelle piètre estime il les tient, et les éclaire sur le sort futur qu'il leur réserve. Anticipant, par des mesures autoritaires et brutales, sur les recommandations qui devraient être issues du "débat national sur l'avenir de l'école", le Ministre philosophe de l'Education nationale porte délibérément atteinte à la crédibilité de celui-ci et nous renseigne sur ses conceptions en matière de démocratie. En prenant une décision qui pourrait apparaître, aux yeux du grand public, anodine et accessoire, Luc Ferry, en vérité, ne rêve que du retour à l'école de la férule, du pensum, et de l'humiliation. Certains ont choisi d'accompagner le Ministre dans cet engrenage dévastateur qui n’a d’autre objectif que de détourner l’attention des profs de la pénurie programmée dans le second degré par le budget 2004. La FCPE n'en sera pas. Contact : Laurence Guillermou, tél : 01 43 57 16 16