Décentralisation : garantir l'égalité de l'offre éducative - 20 septembre 2002 :
Pour la FCPE, l'Etat ne doit pas préciper la décentralisation sans une réelle concertation avec l'ensemble des acteurs du système éducatif. La question centrale est bel et bien la répartition des missions et des compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales dans la perspective d'une meilleure qualité du service public.

Une nouvelle étape de la décentralisation c’est-à-dire du transfert de certaines compétences de l’État aux collectivité territoriales, est en débat depuis plusieurs années. Aussi, il convient aujourd’hui de ne pas se précipiter tant qu’une réelle concertation n’aura pas été engagée au préalable avec l’ensemble des acteurs du système éducatif. Certes la déconcentration -transfert de fonctions de l’administration centrale de l’Etat à son administration régionale (Rectorat) et départementale (Inspection académique)- a permis une gestion plus proche des besoins et des aspirations locales, par exemple au niveau du mouvement des enseignants du second degré. Néanmoins la question centrale reste la répartition des missions et des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales dans la perspective d’une meilleure qualité de la mission de service public. Il faut retenir des annonces ministérielles un engagement : préserver le cadre national des programmes et des diplômes et le recrutement des personnels enseignants. C’est le sens de la mission régalienne de l’Etat qui est d’assurer le même niveau d’éducation et de formation sur tout le territoire. La décentralisation porterait sur l’entretien des bâtiments scolaires qui sont la propriété des collectivités locales mais aussi sur le volet formation qui suscite interrogations et inquiétudes. Considérer les personnels de surveillance comme exerçant une fonction administrative est inacceptable. Ils ont bien au contraire une fonction éducative essentielle à la vie de l’établissement. Les régions auraient la maîtrise totale de la carte des formations professionnelles. Le risque serait alors de voir apparaître en formation initiale des spécialisations asservies aux contingences parfois étroites de l’économie régionale, un manque d’ouverture sur des formations et un recrutement de dimension nationale. La création et la fermeture de filières seraient ainsi dépendantes de la politique régionale, de ses ressources et de ses tentations élitistes. Le débat sur la décentralisation ne doit pas esquiver la question du statut de l’école et être l’occasion de porter un autre regard sur la direction des établis-sements par une séparation des responsabilités administratives de gestion, de celles des orientations et du projet d’établissement. La seule légitimité d’une décentralisation du système éducatif est de permettre la mise en µuvre d’une politique d’égalité des chances et d’un rééquilibrage des territoires par la prise en compte des spécificités locales. Elle ne doit pas donner lieu à l’aggravation des disparités régionales et à un effacement du cadre national. En cela, l’Etat porterait une lourde responsabilité s’il renonçait à son rôle régulateur et s’il n’accompagnait pas ce mouvement par l’attribution des ressources nécessaires et la mise en place d’instruments de contrôle. Faride Hamana Secrétaire général